Quelques mots d'Yves Perrenoud, directeur financier chez Travel Sentry

L'Association internationale du transport aérien (IATA) indique que les voyages sont en hausse, et la plupart des experts s'accordent à dire que nous en voulons davantage. Alors, qu'est-ce que cela nous apprend exactement pour l'année à venir ?
Commençons par le passé récent : en 2025, le transport aérien s'est moins caractérisé par des rebonds spectaculaires que par une stabilisation. La demande a continué de croître, mais le rythme de croissance a ralenti après les fortes hausses post-pandémiques des années précédentes. Le trafic
à l'échelle du secteur a augmenté de 5,3 % par rapport à l'année précédente. L'une des principales caractéristiques de 2025 a été la divergence entre les marchés internationaux et nationaux. Les voyages internationaux sont restés le principal moteur de la croissance, avec une hausse de 7,1 % par rapport à 2024, tandis que les marchés nationaux n'ont progressé que de 2,4 %. Le marché intérieur américain a été le moteur de cette tendance, non seulement en raison de sa maturité, mais aussi à cause de chocs externes, notamment la baisse de la confiance des consommateurs et la diminution des voyages d'affaires et des déplacements administratifs. Cela nous rappelle que (a) le secteur du voyage est résilient et que (b) tout a une incidence sur le voyage, que ce soit au niveau macro ou micro.
À l'horizon 2026, on s'attend à une nouvelle année de réajustement plutôt que d'accélération. La forte dynamique internationale observée en 2025 devrait se poursuivre, l'IATA prévoyant une croissance de 5 % des RPK, à nouveau tirée par les liaisons internationales. Les compagnies aériennes se concentreront sur l'optimisation de leurs réseaux plutôt que sur leur expansion agressive. N'oublions pas qu'Airbus et Boeing continuent de traiter leurs carnets de commandes, et que les compagnies aériennes manquent d'appareils pour exploiter des liaisons supplémentaires. En bref, l'accessibilité financière sera plus difficile à trouver à court terme, mais les investissements dans la technologie et la simplification des processus pourraient générer de nouveaux gains d'efficacité.
En ce qui concerne les bagages, l'offre continuera de se diviser entre premiumisation et banalisation. L'innovation sera le moteur de la première, tandis que le prix déterminera la seconde. Les deux catégories devraient connaître une croissance en 2026 ; cependant, il est difficile de prédire laquelle croîtra le plus rapidement.
En substance, 2026 s'appuiera sur la normalisation de 2025 : une année au cours de laquelle le secteur passera de la reprise à l'affinement, en surmontant les contraintes tout en s'adaptant à un paysage mondial plus complexe et différencié. Le secteur des bagages continuera de croître, porté par des consommateurs exigeants en quête d'innovation ou de prix abordables. « Tout change sauf le changement lui-même », n'est-ce pas ?